Fête Du Livre Du Var

Du 18 au 20 novembre 2011

à Toulon

Conseil Général du Var

Prix des Lecteurs

Le Prix des lecteurs du Var 2011 est attribué à…

Srdjan Valjarevic

pour

« Côme »

À l’issue d’un vote très serré, l’auteur serbe a séduit une majorité des 300 lecteurs qui ont participé au prix organisé par le Conseil général …/…

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La Fête du Livre du Var est un rendez vous de la littérature et de la culture en méditerranée. Des écrivains, des artistes, des comédiens , des journalistes, des responsables institutionnels s’y côtoient autour de spectacles, de débats et de rencontres. La meilleure illustration de cette forte représentation est la présence d’éditeurs du pourtour méditerranéens francophones de référence, venus présenter à Toulon leur travail et certains des écrivains qu’ils éditent. Au nombre des pays représentés, nous comptons, la Tunisie (Elysad), le Liban (Tamyras), le Maroc (Le Fennec), l’Algérie (Barzach Edition), l’Italie (Portaparole) et la France (Sindbad, Encre d’Orient).

Sindbad


FRANCE



A Pierre Bernard et aux éditions Sindbad, qu’il a fondées en 1972, revient d’abord le grand mérite d’avoir lancé en France le mouvement de traduction de la littérature arabe contemporaine et d’avoir offert au grand public quelques chefs-d’oeuvre représentatifs de l’immense patrimoine arabe, mais également persan. Car il fallait, déjà, combattre les idées reçues sur l’islam en montrant, textes à l’appui, la grandeur et l’extrême diversité de la civilisation qu’il a engendrée.

Depuis 1995, les éditions Actes Sud se sont employées à prolonger le travail de Pierre Bernard, non seulement en enrichissant les collections qu’il avait lui-même conçues et développées, mais aussi en en créant de nouvelles qui couvrent d’autres aires culturelles de l’islam, s’intéressent à des domaines encore peu fréquentés ou abordent les mêmes questions fondamentales sous un angle original.

Les événements qui se sont succédé ces dernières années, plaçant presque toujours le monde arabe et l’islam à l’avant-scène de la politique internationale, de même que les débats de société en France à propos de l’immigration ou du statut de l’islam dans la République, assignent à Sindbad des tâches inédites : mettre en évidence ce qui a été appelé "la nouvelle conscience islamique", ouverte à la laïcité et à la modernité ; traduire la jeune littérature arabe, notamment féminine, qui revendique haut et fort toutes les libertés individuelles et collectives ; découvrir, partout dans le monde, des recherches qui renouvellent notre approche de l’islam et de sa civilisation.

C’est dire qu’au moment où l’on parle de guerre entre cultures, de croisades et de contre-croisades, les éditions Sindbad se proposent toujours de résister à l’air du temps.




Farouk Mardam-Bey « Notre France » (avec Edwy Plenel et Elias Sanbar, à paraître en octobre 2011)


Farouk Mardam-Bey – Notre France

Né à Damas (Syrie) en 1944, ancien conseiller culturel à l’Institut du monde arabe, ancien directeur de la publication de la Revue d’études palestiniennes, Farouk Mardam Bey dirige le département Sindbad chez Actes Sud.

Il a publié plusieurs ouvrages d’histoire politique, de gastronomie historique et de bibliographie spécialisée sur le monde arabe, ainsi que des anthologies poétiques. Derniers livres parus : Etre arabei>, (en collaboration avec Elias Sanbar, 2007), Sarkozy au Proche Orient (2010), Notre France (en collaboration avec Edwy Plenel et Elias Sanbar, 2011), tous chez actes Sud.




Habib Selmi « Les Humeurs de Marie-Claire » (2011)


Habib Selmi – Les Humeurs de Marie-Claire

Né à Kairouan en 1951, Habib Selmi est agrégé d’arabe et travaille à Paris depuis 1983. Il a publié sept romans et deux recueils de nouvelles qui l’ont placé parmi les meilleurs écrivains tunisiens de langue arabe.

Sindbad / Actes Sud a publié Le Mont-des-Chèvres (roman, 1999), Les Amoureux de Bayya (roman, 2003), La Nuit de l’étranger (roman, 2008) et Les Humeurs de Marie-Claire (roman, 2011)


Encre d’orient


FRANCE



Cela se passe comme dans un film de Douglas Fairbanks Sr. Des images encrées, expressionnistes, quelques mots, du sens, des sens. Le monde n’a pas changé, mais il mue, se métamorphose dans sa chrysalide. Un sens traditionnel, le poids lourd de notre héritage commun qui défie le temps.

Le monde est dur, l’actualité le rend plus acide, et pour mieux l’appréhender, le connaître, il faut l’aborder par le rêve, l’enchantement. L’Orient d’hier est le même que celui de notre époque. Seuls les artifices ont bougé. Dans le regard de nos voisins des autres rives, on lit sur les visages les pages de l’épopée de Gilgamesh, de la Bible, du Shahnameh, des Mâthnawi, des temps légendaires devenus réalité.

Jean Cocteau disait : «Je préfère toujours la mythologie à l’histoire, car l’histoire est une vérité qui devient mensonge, alors que la mythologie est un mensonge qui devient réalité.»

L’Orient n’est pas uniquement géographique d’où que l’on se situe. C’est une âme partagée par des millions de personnes, un long chemin né des sables vers les steppes et la savane. Cités millénaires, coupoles dorées comme hutte de terre, comptoirs colorés comme transhumance de poussière, l’homme est et reste dans son schéma.

Il existe une peur de l’Orient. Nos découvertes des siècles passés sont remplacées par notre torpeur d’aujourd’hui. Pas un jour sans une actualité brûlante autour de ces régions. Nos certitudes d’autrefois ont réveillé nos angoisses profondes. De l’arrogance, l’Occident est passé à la repentance. S’agirait-il d’aller vers la pénitence ?

Il est grand temps d’aller s’inviter en Orient afin de casser les clichés sur plaque à collodion humide, de mettre les souvenirs de l’époque reculée des colonies et des mandats au grenier, et de se libérer du 11 septembre 2001 !

L’Orient est une grande civilisation irriguée par des courants spirituels et intellectuels. Du Cameroun aux Philippines, les traditions et les hommes travaillent à conserver une mémoire qui s’efface de jour en jour avec le stabilo de la mondialisation. Cette carte mémoire est notre seul outil pour se préserver du melting pot pluriculturel, multiconfessionnel, sans âme. Les différences existent pour que la Babel d’hier devienne notre défi d’aujourd’hui, pour l’heure !

« Connais-toi toi-même » selon le vieil adage de Socrate, cette maïeutique qui gouverna notre civilisation pérenne, durant des siècles, apparaît comme décatie, défigurée. De l’effet spirituel qu’elle dégage, nous sommes tous contraints d’aller au-delà, de transcender les formes pour retrouver le fond. Les contes de jadis se sont transformés en écrans vidéo et en clics nerveux. Les moyens ont dépassé l’imaginaire. Le « dieu machine » ! La découverte de l’autre reste une véritable mission pour notre époque, au moment où nous sommes envahis par l’information, les brèves de l’actualité. Comprendre cette information, c’est aussi connaître, de l’intérieur, de l’extérieur, autour, avant, pendant et après. De là, la naissance des critères, l’éclosion des initiatives, la pensée et l’action pour résumer en deux mots.

Encre d’Orient se propose de vous emmener vers ces lieux bien présents, à travers un voyage dans le temps, autour des plus belles pages de notre imaginaire, avec les plus belles images de nos contrées lointaines et pourtant si proches, associée aux meilleures plumes, sous l’angle et le focus des plus aiguisés.

Du beau livre d’art de vivre au document fouillé et vérifié sur le terrain, en passant par le romanesque et le divertissement, le livre reste et demeure un spectacle, mais surtout un lien extraordinaire avec le monde qui nous entoure et avec lequel nous devons composer.

ERICK BONNIER – Directeur littéraire




Mustafa HACIANE « L’éducation Algéroise »


Mustafa Haciane, dramaturge et journaliste d’origine algéroise, aborde ses écrits en trempant sa plume dans ce quotidien parsemé de joie et de souffrances. Citoyen des deux rives de la Méditerranée, nourri dès l’enfance aux deux cultures avec pour modèles littéraires des écrivains de dimension universelle comme Mouloud Féraoun, Mouloud Mameri, Albert Camus et Jean-Paul Sartre, il n’oublie pas ses racines même s’il vit aujourd’hui loin de sa ville natale. Il n’oublie pas non plus qu’un cordon ombilical le lie à ces deux peuples de France et d’Algérie qui, un temps, ont partagé le même destin souvent avec enthousiasme et sincérité.




Omayama ARNOUCK EL-AYOUBI « Le Prophète »


Omayama Arnouck El-Ayoubi – Le Prophète

Omayma Arnouk el Ayoubi est d’origine syro-libanaise. Elle a fait les Beaux Arts et obtenu un DEA Philosophie, art et culture à la Sorbonne.

Pour elle, Gibran est un maître à penser. Elle œuvre à l’adaptation en français de ses textes pour mettre en valeur leur incroyable modernité et les faire connaître à un nouveau public du XXIe siècle.


Elysad


TUNISIE



Les éditions Elyzad sont nées en 2005 à Tunis. Depuis ce pays de la Méditerranée, riche de nombreux métissages, nous avons choisi de faire partager une littérature vivante, moderne, qui s’inscrit dans la diversité. Des romans et nouvelles qui correspondent à nos engagements : faire entendre, au Sud comme au Nord, des voix singulières, d’ici et d’ailleurs, lire le monde dans sa pluralité.

Notre ligne éditoriale, qui se veut exigeante, s’est élaborée au fil de rencontres heureuses avec des auteurs confirmés qui nous ont fait confiance et d’autres que nous avons découverts et avons le bonheur de faire lire.

Olympia Alberti, Théo Ananissoh, Ali Bécheur, Hélé Béji, Tahar Bekri, Emna Belhaj Yahia, Djilali Bencheikh, Rajae Benchemsi, Noura Bensaad, Maïssa Bey, Sonia Chamkhi, Colette Fellous, Azza Filali, Hélène Gaudy, Wahiba Khiari, Kaouther Khlifi, Alain Nadaud, Cécile Oumhani, Claude Rizzo, Marie-Christine Sato, Leïla Sebbar, Frank Secka, Anne-Christine Tinel...

Regards posés sur la société arabe, textes nomades imprégnés des mers du nord et du souffle du sud, des Balkans et du Japon; recueils tissés autour d’un mot… Il s’agit avant tout d’écritures multiples et unies par une langue commune qui sont autant de passerelles reliant la Méditerranée et plus largement l’ensemble de l’espace francophone.




Ilf-Eddine – La dernière ronde


Un premier roman rare, à la construction haletante, véritable plongée dans l’univers des échecs.Le combat d’un joueur entrelacé aux émotions d’une vie.
La plume brillante d’un jeune auteur déjà primé.


Le livre

Un champion d’échecs russe participe à un tournoi qualificatif pour le titre mondial. Au fur et à mesure des parties, comme monte progressivement un suspense intense, l’homme vieillissant se remémore les étapes importantes de sa vie : ses succès de jeunesse, sa découverte du haut niveau, ses années de labeur auprès de Karpov, puis son exil en France, loin de cette URSS qui a façonné son destin. Au-delà des peines et des désillusions, au-delà de la solitude, la passion perdure, à fleur de peau. Alors que les rondes se succèdent et que nous partageons ses émotions les plus intimes, son ambition intacte nous porte à espérer : cette dernière ronde le mènera-t-elle enfin à la consécration ?
« Un court et étonnant roman. » Natalie Levisalles, Libération


L’auteur

Ilf-Eddine est né à Paris en 1976. Après des études de sciences politiques, il travaille plusieurs années dans la coopération internationale, dans différents pays du monde (Liban, Vietnam, Cambodge, Roumanie). Il vit aujourd’hui à Paris. Il a publié deux nouvelles dont Carrefour des fuites (Mercure de France, 2001), pour laquelle il a reçu le Prix du Jeune Écrivain 2001. La dernière ronde est son premier roman.





Emna Belhaj Yahia – Le jeu des rubans


Regards d’une romancière tunisienne sur ces femmes qui tout autour d’elle se voilent.


Le livre

Frida, chercheur, la cinquantaine, divorcée, compose sa vie entre son fils Tofayl, son compagnon Zaydûn et sa mère, si belle mais qui n’a plus sa tête. Frida non plus n’y voit pas très clair en ce moment. Elle ne comprend pas pourquoi elle croise de plus en plus de femmes voilées, elle dont la mère a justement enlevé le voile il y a des décennies. Pourquoi ces femmes habillent-elles ainsi leurs corps ? Comment s’habituer à ces nouvelles robes qui leur arrivent à la cheville, à ces métrages sur leurs cheveux ? Que veulent-elles dire par là ? Puis il y a la jeune étudiante que rencontre son fils, qui elle aussi porte un foulard sur la tête, son fils à qui elle avait pourtant montré la voie de la « modernité ». Frida est mal à l’aise mais cherche des réponses.
Dans le concert des voix qui traversent ce roman, on découvre des points de vue contradictoires, des vérités divergentes d’un personnage à l’autre. Le tout à l’intérieur d’une Tunisie qui, en se reconstruisant, se donne aujourd’hui à lire autrement
L’auteur
Emna Belhaj Yahia est née en 1945 à Tunis où elle vit. Après des études supérieures de philosophie en France, elle a enseigné plusieurs années cette matière en Tunisie, puis a travaillé dans le secteur de la culture. Romancière, elle a notamment publié L’étage invisible (Cérès Tunis et Joëlle Losfeld, Paris, 1997), Tasharej (Balland, Paris, 2000).


Tamyras


LIBAN



Bienvenue dans la sphère Tamyras.

Notre planète est composée d’auteurs talentueux, de jeunes espoirs enthousiastes, d’éditeurs passionnés, de directeurs artistiques inspirés, de correcteurs rigoureux, de graphistes innovateurs, de journalistes professionnels.

Notre monde est celui des livres. Ceux qui sont parus et qui sont à découvrir. Ceux qui sont à paraître et que l’on attend.

Les vôtres, peut-être.

Depuis notre création en 2003, nous refusons de suivre des chemins tout tracés. Nous voulons vibrer, être émus et surpris. Nous voulons provoquer de belles rencontres, toujours à la recherche de coups de cœur, d’alchimie créatrice. Et toujours en explorant les milliards de possibilités du Livre à travers des idées, concepts et supports avant-gardistes.

Notre mission est simple : nous croyons au talent et nous voulons être là pour lui donner la dimension qu’il mérite. Comme un véritable catalyseur d’innovation et d’expérimentation.

Les valeurs de Tamyras : la diffusion de par le monde de la Méditerranée, espace, culture, valeur et idées ; l’excellence accompagnant toutes les étapes de nos projets ; l’ouverture d’esprit et le foisonnement des idées ; l’innovation continue dans le monde du Livre.

Tamyras s’est imposée au Liban comme une maison d’édition qui a toujours supporté la diversité de la culture libanaise. En 2008, pour asseoir notre présence en français et atteindre de nouveaux horizons littéraires, nous avons ouvert une branche à Paris. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous présenter nos différentes collections dans l’espoir qu’elles vous inspirent autant qu’elles nous ont inspirés.




Diane Mehanna : "Losing Touch, le Beyrouth des petits métiers"


Diane Mehanna

« Je vis en plein Coeur de Beyrouth et observe tous les jours, partout dans la ville, les destructions que celle-ci subit. Toutes ces transformations m’impressionnent beaucoup et je me demande souvent à quoi ressemblera la ville dans quelques années. Certains parleront de patrimoine culturel, mais pour moi il s’agit simplement d’un désir de prolonger encore quelques instants du passé dans ce monde modernisé.
Des rencontres, des portraits, un livre empêcheraient certaines histoires d’être oubliées. »

Étudiante en cinquième année d’architecture à l’ALBA, vivant à Beyrouth où elle est née, Diane Mehanna est témoin de l’incessante métamorphose d’une ville dont elle souhaite préserver la mémoire.
Ce livre est pour elle le moyen de « prolonger encore quelques instants du passé dans ce monde modernisé ».




Mazen Kerbaj – « Cette histoire se passe »


La version française du grand succès de Mazen Kerbaj

D’abord paru en arabe aux Editions Dar el-Adab, ce livre regroupe des strips publiés dans le quotidien Al Akhbar. Du chauffeur de taxi service désabusé, au dialogue surréaliste de deux femmes du « monde », en passant par une transposition de notre réalité aux temps des Phéniciens et la cogitation incessante de l’artiste contemporain, cet ouvrage met en valeur le « style Kerbaj », tour à tour cynique, mordant, tendre et surtout drôle et fait de ce livre un incontournable.

Mazen Kerbaj

Editions Le Fennec


MAROC



Notre principal objectif, à moyen et long terme, est simple et précis : fabriquer et vendre au moindre prix des livres de bonne qualité. Vous trouverez ici la liste des ouvrages que nous éditons, en espérant que certains d’entre eux répondent à vos goûts.

Layla B. Chaouni (Directrice)

Son catalogue éditorial parle pour elle. Depuis 1987, elle a publié des collections tournées vers les femmes : Approches, dirigée par Aïcha Belarbi, mais aussi Femmes Maghreb, Marocaines citoyennes de demain et Visibilité des femmes, dirigées par Fatema Mernissi. En moins de vingt ans, les éditions Le Fennec ont acquis une crédibilité presque unique sur la place. Offrant sans relâche une visibilité à la production intellectuelle sur l’émancipation féminine, Layla a participé à un combat libérateur. Même Toutes voiles dehors de Nadia Yacine est assumé comme tel…. Dans cet ouvrage, on lit une pensée opportuniste, sans tenue. De quoi rassurer les modernes que nous sommes ! Faire passer et appliquer le message de la modernité, la vocation de Layla Chaouni ne s’arrêtera pas en si bon chemin.




Siham Abdellaoui « Nouvelles d’ici »


"Rhimou pense à sa famille. Son père n’est plus de ce monde. Il a eu cinq enfants avec sa seconde épouse : trois filles et deux garçons. Au total onze frères et sœurs restés pour la plupart à Oulad Idder. Elle ne les voit que très rarement. A l’occasion de fêtes et de funérailles. Elle n’est pas retournée dans son douar depuis plus d’une année. Quand elle s’y rend, elle se sent comme une étrangère, dépaysée, perdue au milieu des siens et de leur nombreuse marmaille dont elle ignore parfois jusqu’au prénom. La plus jeune de ses sœurs, Alia de dix ans sa cadette, compte déjà six passages à la maternité. Six filles à la file. Son mari qui ne pouvait se sentir père que si elle lui engendrait un fils, lui infligeait chaque année une nouvelle grossesse. Et à chaque accouchement, une fille pointait son nez au désespoir qui menaçait de virer Alia dont le ventre, disait-il, était incapable de procréer un garçon. Rhimou avait eu un choc quand elle l’avait vue la dernière fois : bouche édentée, peau ridée, rugueuse, tannée par l’exposition continuelle au soleil. Mains et pieds sillonnés de crevasses, talons en lambeaux. Poitrine desséchée, pendouillant jusqu’au nombril. Machine déglinguée à force d’avoir travaillé à plein régime. Il ne subsistait de l’adolescente agile et vigoureuse que la charpente."




Mohamed Nedali « La maison de Cicine »


Nous n’aurons plus de maison, dadda ? demanda l’enfant. -Si, nous aurons une maison ! répondit Idar. Bien sûr que nous aurons une maison. Tous les êtres vivants dans ce bas monde ont une maison. Même les oiseaux, même les insectes en ont une. Seulement quand ils la perdent, ils s’en vont ailleurs de par la terre à la recherche d’une autre. Et, vois-tu, ils finissent toujours par en trouver, Allah aidant… …Tout Tiouli était descendu aux abords de la berge : hommes, femmes et enfants. Terrifiés, ils considéraient l’ampleur des dégâts dans un silence frissonnant. L’oued avait regagné son lit comme un prédateur repu regagne sa tanière, mais la berge n’était plus qu’une étendue dévastée, bourbeuse, défigurée, sans vie. Des objets et des êtres, que seule une toile surréaliste pourrait réunir, jonchaient les rives dans de singulières postures : des arbres effeuillés, rongés, les branches cassées, couvertes de boue ; d’autres les racines à l’air comme une folle perruque, les branches dans la boue ; de gigantesques rochers, la veille encore juchés sur les montagnes environnantes, gisaient à présent sur la berge, figés dans de curieuses positions ; des cadavres de bêtes ballonnés, le cou renversé, les pattes à l’air ; des véhicules compressés, écrasés comme par des engins à chenilles ; des meubles complètement disloqués, des matelas éventrés... Une scène d’apocalypse, grandiose et terrifiante.


Portaparole


ITALIE



Maison d’édition italo-française, Portaparole publie des essais, des narrations et des poésies, en garantissant leur qualité d’écriture et de documentation sans négliger leur présentation. Raffinés mais plaisants, d’un aspect typographique attirant, les livres de Portaparole ont déjà rencontré la faveur du public et de la critique.
Divisés en collections destinées à se développer, les livres de Portaparole traitent de sujets de grand intérêt, fidèles à la mise en valeur du patrimoine culturel européen.

Portaparole publie en italien et en français.
Les livres sont distribués en Italie et en France.




Roger Aïm « Un jour entre les autres »

Roger Aïm, déjà auteur de nombreux ouvrages scintifiques, révèle avec « Un jour entre les autres » un talent de romancier raffiné et inspiré.

Sylviane Scovino « 14 Juillet »

Sylviane Scovino confirme avec « 14 Juillet » sa capacité à dévoiler des pans les plus intimes et controversé des relations familiales.


Barzakh Edition


ALGÉRIE



2010 a été l’année du dixième anniversaire des éditions Barzakh. Un repère, une étape pour nous. Tout est parti d’une passion, celle des livres. Compagnons de longue date, ils peuplent notre espace et vivent en nous depuis toujours. Etudiants à l’étranger dans les années 90, nous lisions fiévreusement, inquiets pourtant de constater la quasi absence de publications littéraires en Algérie. Une fois revenus au pays, nous créons les éditions barzakh. C’était en 2000, le contexte, paradoxalement, s’y prêtait : foisonnement de création et de désirs après le désastre.

Au départ, nous voulons nous consacrer — et avec quelle ardeur — à la seule littérature, donner à entendre la voix de jeunes auteurs, leur offrir cette possibilité dans leur propre pays. Nos choix sont tranchés et assumés : encourager une écriture de l’intériorité qui explore les territoires de l’intime. Nous avons la chance de rencontrer de nouvelles voix de la littérature algérienne, qu’elles soient de langue française (El Mahdi Acherchour, Kaouther Adimi, Mustapha Benfodil, Habib Ayyoub, Adlène Meddi, Kamel Daoud…) ou de langue arabe (Hmida Ayachi, Abdelwahab Benmansour, Bachir Mefti, Hakim Miloud, Boubekkeur Zemmal,…). Nous publions également des auteurs renommés comme Rachid Boudjedra, Mohammed Dib, Amin Zaoui ou Maïssa Bey ; ainsi que d’autres, à l’œuvre discrète et sensible, Malek Alloula, Sadek Aïssat. Au fil des années, alors qu’alternent périodes de « grâce », périodes de « pesanteur », alors que nous apprenons le métier, ses contraintes et ses joies, nous diversifions progressivement notre catalogue : essais, études et biographies littéraires, beaux livres. En parallèle, guidés tout à la fois par l’intuition et le pragmatisme, nous comprenons qu’il faut élargir notre horizon, construire des passerelles. Ainsi, nous développons des partenariats avec des maisons d’édition étrangères, dont le Bec en l’Air en France (pour la réalisation de beaux livres) et Dar El Jadeed au Liban, dirigée par la magnifique romancière Rasha El Ameer, avec laquelle nous coéditons des romans de tout le monde arabe (Irak, Liban, Algérie, etc.). Quant au compagnonnage avec Actes Sud, après plusieurs années d’une collaboration active (près de vingt titres publiés conjointement, parmi lesquels, l’ouvrage collectif Jacques Derrida à Alger ou le beau livre à deux voix Une nation en exil, mêlant les créations du plasticien algérien Rachid Koraïchi et les textes de l’immense poète palestinien Mahmoud Darwich), les éditions barzakh et les éditions ACTES SUD souhaitent franchir un cap en 2011 et nouent un partenariat renforcé et inédit. Ils publieront dorénavant, en coédition algérienne et à un rythme régulier, des textes de fond, des nouveautés, des essais, des fictions, en langue française ou arabe, des auteurs classiques ou contemporains d’Afrique, du Monde Arabe et de la Méditerranée. Au programme : Jérôme Ferrari « Où j’ai laissé mon âme » (roman, février 2011), Gabriel Camps « Les Berbères » (essai, avril 2011), Mohammed Dib « Au café » et « Le Talisman » (nouvelles, mai 2011), Mourad Djebel « Contes des trois rives » (juin 2011), Mahmoud Darwich « Anthologie 1992-2005 » (bilingue arabe-français, août 2011), Farouk Mardam-Bey & Elias Sanbar « Être arabe » (septembre 2011), etc. Aujourd’hui, notre catalogue compte plus de 120 titres.En septembre 2010, nous avons reçu le Grand Prix Claus pour la Culture et le Développement, décerné par la Fondation Claus et qui nous a été remis en décembre 2010 par la Reine des Pays-Bas au palais royal d’Amsterdam. Une belle récompense, inattendue, symboliquement et matériellement importante, qui nous honore – honore notre équipe, les auteurs, leurs œuvres, ainsi que toute la constellation de nos partenaires – et, plus que tout, nous enjoint d’être meilleurs, toujours plus exigeants.

Selma Hellal & Sofiane Hadjadj




Kaouther ADIMI


Kaouther Adimi

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi a obtenu une licence de langue et littérature françaises à l’Université d’Alger. En 2009 elle s’installe à Paris et y termine actuellement un master de management international des ressources humaines.
Ses nouvelles ont été distinguées à deux reprises par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (2006 et 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger) en 2008.
Elle a publié son premier roman - "Des ballerines de papicha" - en juin 2010 à Alger, roman repris en France en mai 2011 aux éditions Actes Sud sous le titre "L’envers des autres" et qui a reçu le Prix littéraire de la Vocation 2011 décerné par la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet.




Hajar BALI


Née en 1961 à Alger, Hajar Bali (de son vrai nom Djalila Kadi-Hanifi) est docteur en mathématique et enseigne cette discipline à l’Université d’Alger depuis 1985. Elle est la fondatrice de l’association culturelle Chrysalide qu’elle a présidée de 2000 à 2008. Elle est l’auteure de nombreuses pièces de théâtre dont une sélection a paru dans le volume "Rêve et vol d’oiseau" (barzakh, Alger, 2010) et prépare actuellement son premier recueil de nouvelles.
Présentation du livre :
Avec pour toile de fond l’histoire récente algérienne, et le contraste récurrent entre modernité et tradition, sans concession à la nostalgie, à l’abattement, à la résignation, Hajar Bali fait entendre une drôle de voix, concise et sans fioritures, directe et sans lamento dans ces OTNI (objets théâtraux non identifiés), qui sont comme autant de morceaux d’une musique « étrange et pénétrante » où l’humour est toujours là pour tempérer le grave, la joie de vivre pour conjurer la fatalité. Le JEU est ouvert et tout est possible

Hajar Bali